L’amour après de Marceline Loridan-Ivens avec Judith Perrignon

Coucou,

Avis très bonne lecture dans cette bullette. Je vous retrouve pour vous présenter le troisième livre que j’ai eu l’occasion de lire pour le Prix Littéraire France Télévisions. Il s’agit de l’essai L’amour après de Marceline Loridan-Ivens.

Je remercie encore France Télévisions pour cette merveilleuse opportunité qu’ils m’ont offerte et je les remercie aussi de m’avoir envoyé ce livre.

Tout d’abord, petite présentation de l’auteure :

Marceline Loridan-Ivens, née en 1928, déportée à Auschwitz-Birkenau avec son père, a été actrice, scénariste, réalisatrice, documentariste et cinéaste française. On lui doit notamment « La petite prairie aux bouleaux », avec Anouk Aimée (2003), de nombreux documentaires avec Joris Ivens, et Ma vie balagan (Robert Laffont, 2008).

Judith Perrignon est journaliste et romancière.

Le résumé :

« Le téléphone sonne. C’est Charlotte qui m’appelle d’Israël. Nous étions dans la même classe à Montélimar. Elle a été arrêtée après moi, mais je ne l’ai pas croisée à Birkenau.

—  Qu’est-ce que tu fais en ce moment  ? demande-t-elle.
—  Je travaille sur l’amour.
Un silence alors, comme si le mot amour s’égarait, se cognait dans sa tête. Elle ne sait qu’en faire.
—  L’amour au camp ou quoi  ?
—  Après les camps.
—  Ah, c’est mieux. L’amour au camp, j’en ai pas vu beaucoup.  »

Comment aimer, s’abandonner, désirer, jouir, quand on a été déportée à quinze ans  ?
Retrouvant à quatre-vingt-neuf ans sa «  valise d’amour  », trésor vivant des lettres échangées avec les hommes de sa vie, Marceline Loridan-Ivens se souvient…
Un récit merveilleusement libre sur l’amour et la sensualité.

Quel est mon avis sur cet essai ?

Beau et énigmatique titre de cet essai. L’amour après, vous allez sûrement vous dire mais l’amour après quoi ? L’amour après Birkenau où la cinéaste fut déportée à l’âge de 15 ans et où son père fut tué.
Dans ce livre écrit avec Judith Perrignon, Marceline Loridan-Ivens dégage énormément de force et de détermination qui nous percute avec intensité de façon aussi percutante que déchirante. Son histoire m’a beaucoup émue. C’est vraiment une partie de l’Histoire très forte, très intense dont on a forcement déjà entendu parler au moins une fois mais peut-être pas aussi personnellement ou avec autant de puissance.

A 15 ans, elle était à Birkenau. Après avoir témoigné sur son expérience terrifiante de la déportation dans de précédent livres, il est maintenant temps pour Marceline de se pencher sur son vécu de l’amour.

Alors qu’elle vient de perdre partiellement la vue lors d’un séjour à Jérusalem, Marceline Loridan-Ivens âgée de 89 ans, se plonge dans ses souvenirs en fouillant dans une valise délaissée (sa « valise d’amour ») dans laquelle elle retrouve des programmes de spectacle et des articles de presse jaunis, des brouillons de lettres qu’elle n’a jamais envoyées, des lettres qu’elle a reçues de différents hommes, de son mari et d’amies qui forment une sorte de chœur de femmes.
Marceline est une femme forte qui se définit comme une fille de Birkenau, c’est dans ce camp qu’elle a rencontré Simone Veil.

A sa libération, il lui a fallu ensuite survivre seule, vivre comme une survivante qui a perdu son innocence et qui trimballe son enfer avec elle avec son numéro tatoué sur le bras, surmonter la mort de son père, résister à l’envie de mourir et reprendre sa vie avec tout ce passé aussi dur soit-il.

Déportée sans avoir jamais connu l’amour, de retour du camp, elle cherche l’amour mais elle cherche aussi à retrouver sa liberté perdue pendant la déportation et éprouve aussi le désir d’apprendre, d’avaler une bonne dose de culture pour combler les attentes qu’elle n’a pas pu avoir pendant la déportation. C’est ainsi qu’elle établit des listes de livres à lire pour combler son retard.

La reprise de sa vie après les camps passe aussi par la découverte de l’amour, dans cet essai, elle évoque ses premières expériences amoureuses après le camp où elle ne ressent rien dans l’impossibilité qu’elle est de s’abandonner, submergée par la peur de se laisser aller et la peur de son corps. Avec ses amies elle vit les premiers combats féministes qui flamberont quelques années plus tard.

Elle nous raconte aussi son mariage avec Francis qu’elle qualifie d’épistolaire tellement ils ont peu partagé de mois de vie commune en cinq ans d’union puis l’histoire de son grand amour avec Joris Ivens.
Après avoir découvert le genre humain sous son pire aspect alors qu’elle n’était qu’adolescente, alors qu’elle n’avait connu que très peu de choses de la vie, qu’elle n’avait pas forcement connu le bonheur, Marceline Loridan-Ivens a choisi de laisser l’ombre de la guerre derrière elle, sans toutefois oublier son passé mais reprend sa vie, apprend à VIVRE et découvrir le bonheur.

J’ai aimé la distance avec laquelle elle se penche sur son passé, sur les conséquences qu’a eu sa déportation sur sa vie, sur son rapport à son propre corps, sur les formes qu’a pris l’amour après les camps.

J’ai aimé la détermination de cette femme qui a tout fait pour retrouver sa part d’humanité. J’ai aimé la pudeur avec laquelle elle effleure ce qu’elle a subi ou vu dans les camps. J’ai aimé la personnalité hors du commun de cette femme qui a aimé plus que tout sa liberté.
Ce récit sur l’amour après les camps est mis en valeur par une écriture tout simplement sublime dans ce texte court mais très dense. C’est une magnifique leçon de vie, un témoignage puissant qui fait du bien et nous en apprend beaucoup sur le passé et l’Histoire vécus par nos aïeux.

En conclusion, un très bon essai, fort, puissant, touchant mais qui nous donne une véritable leçon de vie et nous apprend beaucoup de choses sur le passé et surtout comment se reconstruire quand on a vécu un passé difficile et douloureux. Marceline est une femme forte et déterminée qui nous éblouit !

Je vous conseille cet essai, c’est un merveilleux témoignage.

J’espère que cet article vous a plu, n’hésitez pas à venir discuter avec moi ! N’hésitez pas non plus à me dire si vous avez lu cet essai ou s’il vous tente ? N’hésitez pas non plus à me dire si vous avez déjà lu des livres de Marceline Loridan-Ivens.

 

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