Vivre, apprendre, s’adapter, se réinventer

Coucou,
J’écris ces mots, je ne sais pas quand ils seront publiés ni même si ils le seront vraiment mais je les écris, j’écoute mon ressenti.
Ces mots que vous allez lire sont ceux débutés en juin 2019 et jamais fini car ils me sont tout simplement sorti de la tête. Ce soir, 6 juin 2020, je me suis rendue compte qu’il y a un an j’avais commencé à écrire quelque chose que je n’ai jamais finis, à écrire des mots qu’il me semblait important à transmettre alors je fais le choix de déprogrammer l’article que j’avais prévu, de finaliser celui-ci et de vous le partager pour je l’espère transmettre un joli message d’espoir en la vie.

Dans la vie, il suffit parfois d’une fraction de secondes pour qu’une nouvelle aventure totalement inattendue arrive sur notre chemin de vie.

Le 4 juin 2019 est une nouvelle date qu’il a fallu inscrire à mes aventures de vie. Ce jour-là, je passais la journée à Nantes pour un examen médical puis je profitais d’une balade en centre-ville avec ma maman avant de retourner vers la voiture pour rentrer chez nous. Lorsque tout à coup j’ai fait une énorme chute sans comprendre dans un premier temps le pourquoi du comment. Une fraction de secondes où j’ai eu pour seul reflex de protéger mes cervicales fragilisées quelques mois plus tôt lors d’une chute. Ai-je eu le meilleur reflex, pour en avoir discuté avec mes kinés, la réponse est un mélange de oui et de non. J’ai protégé ma moelle épinière mais ce reflex a eu de graves conséquences sur mon corps. Cette fraction de seconde où j’ai eu le reflex de me gainer pour éviter la chute arrière, j’ai fini au sol après avoir fait une chute en latérale du côté droit. Dans mon esprit pendant cette toute petite seconde, j’ai pensé que cela allait amortir le choc sauf que ce n’est pas du tout la réalité. En effet, en me voyant tomber sur le côté droit, j’ai mis ma main avec surement pour espoir de me rattraper sauf que le choc a été tellement violent que c’est tout mon bras droit qui a pris, mon outil le plus précieux, celui qui me permet de dessiner, de m’épanouir au quotidien sauf qu’une fois au sol j’étais tellement choquée que je n’ai pas réagis tout de suite.

Allongée au sol avec mon fauteuil, complètement choquée, je ne comprends pas, comment cela a pu m’arriver ?

Au loin un monsieur avec sa femme enceinte arrive à notre hauteur et nous demande gentiment si l’on a besoin d’aide, tout de suite je lui demande si il peut me remettre dans mon fauteuil avant de par la suite prendre la décision de me réfugier dans la voiture. Avec le recul et en ayant écouté les conseils donnés par mes kinés si cela devait m’arriver à nouveau, ce n’était certainement pas la chose à faire, il aurait surement mieux fallu appeler les pompiers mais bon sur le moment nous avons agis en fonction de moi, de mes paroles. Pour être tout à fait honnête sur le moment, j’étais tellement choquée que j’étais comme dans une dimension parallèle. Une fois dans mon fauteuil, j’ai le souvenir de mettre immédiatement réfugié dans la voiture surement pour me sentir en sécurité je ne serais pas trop dire. Complètement choquée, le corps qui tremble, les larmes qui coulent, je n’avais qu’une seule envie rentrer chez moi, retrouver mon cocon, mon petit chien, la chaleur de mon lit, etc…

À ce moment-là, sauf le choc tout va bien, je ne ressens pas de douleurs, rien, l’adrénaline est avec moi. J’avoue que je suis soulagée car malgré tout la vie continue, je vais bien, je passe une bonne soirée, une bonne nuit. Le lendemain matin je me réveille, aucune douleurs, aucun hématome, rien, c’est incroyable vu la chute que j’ai fait et la violence de celle-ci. Mais au fil de la journée, je sens des petites douleurs qui arrivent, l’adrénaline, le choc de la veille commence à passer, tout au long de la journée peu à peu mon corps commence à me parler malgré tout je garde espoir, je me dis que ce ne sont que des contractures musculaire, je me couche le soir pleine d’espoir. Le jeudi 6 juin 2019 au matin, il faut se rendre à l’évidence, mon corps ne me parle pas pour rien, je ne peux plus bouger mon bras tellement j’ai mal. Ma généraliste viendra à mon domicile le midi même afin de m’examiner pouvant à peine me toucher tellement j’ai mal. Et là, je prends conscience de ce qui m’est arrivé deux jours plus tôt, j’ai été têtue, voulu écouter mes réactions malgré le choc émotionnel qui pouvait cacher quelque chose et finalement mon corps a finis par lâcher prise pour me parler, me faire prendre conscience de ce qui s’est produit.

Direction la clinique de la main en urgences, je ne suis pas rassurée, des inquiétudes commence à naitre, mon bras droit, mon outil de travail, que va-t-il se passer ?

Des radios, il faut immobiliser pendant 3 mois minimum mais connaissant mon corps je sais au fond de moi que cela sera bien plus, ne pas dessiner, le drame, comment je fais pour les 3 dernières semaines de mon année d’étude ?

Une nouvelle aventure à surmonter mais dans ma tête une certitude, j’y arriverai.

Retour à la maison, quelques larmes l’émotion de tout cela qui retombe puis en quelques secondes pleins de choses qui passent pas la tête :

  • « Comment manipuler mon fauteuil roulant sans mon bras droit? », merci l’assistance électrique que l’on peut mettre sur le fauteuil et le fauteuil électrique qui ont été des alliés précieux pour ne pas dépendre en permanence de mes proches. D’ailleurs, l’assistance électrique je l’ai toujours eu, le fauteuil électrique c’était nouveau depuis janvier 2019 et c’est pendant cette nouvelle mésaventure que j’ai pris conscience qu’ils ne sont pas là pour me priver de mon autonomie mais au contraire ce sont mes alliés pour vivre pleinement sans m’épuiser.
  • « Comment me transférer? Comment ne pas perdre mon autonomie ? Je ne veux pas dépendre, jamais ! », je n’ai pas perdu mon autonomie, j’ai juste appris à faire autrement, à m’adapter à nouveau. J’ai acheté une planche de transfert mais finalement j’ai surtout appris à me transférer autrement car la planche de transfert ce n’est vraiment pas mon truc.

Il y a eu beaucoup d’autres questions et surtout j’ai fait un message, un message à mes camarades, à mon école, à mes profs, à mon ancien prof d’arts plastiques pour leur expliquer ce qui m’arriver et trouver de précieux conseils, de l’aide. J’ai reçu beaucoup de réponses, beaucoup d’encouragements, mon école a complètement compris ce qui se produisait et a mis en pause mon année le temps que je me rétablisse, ils ont été d’un super soutien. Mais dans tout ceci, je n’ai retenu qu’une phrase qui revenait à chaque fois « Marine il va falloir te reposer, patienter et surtout te réinventer ! Tu vas devoir apprendre à te réinventer en tant que Marine mais aussi en tant qu’artiste. »

Me réinventer ? J’avoue que sur le moment je me suis dit « Qu’est-ce que l’on me raconte ? » et finalement, j’ai compris, j’ai compris que me réinventer c’est ce que j’ai toujours fais sans m’en rendre compte dans chacune de mes aventures de vie, c’est quelque chose qui venait naturellement dont je n’avais pas conscience. J’ai toujours trouvé des solutions, contourné l’obstacle, appris à vivre autrement et je m’en suis toujours sorti alors une fois de plus j’allais réussir.

Cette nouvelle aventure allait juste m’enrichir, m’apprendre encore une autre forme de combat et j’ai commencé à écrire ces mots comme pour les raconter sans aucune certitude qu’ils servent un jour mais juste pour me rappeler.

Ce soir, nous sommes le 6 juin 2020 lorsque je poursuis ces mots, je viens de me rendre compte que cela fait un an. En écrivant je suis émue car je prends conscience qu’en un an, ma vie a tellement changé, c’est fou. Je fais les choses, j’avance mais finalement je ne me rends pas compte d’à quel point j’avance, à quel point j’évolue.

Il y a un an sur Instagram j’écrivais « La vie est faite de défis à relever, mon défi actuel est de réussir une nouvelle fois à me réinventer en tant qu’artiste, en tant que Marine pour palier à ma situation physique actuelle. J’en ai pour un moment alors il va falloir s’adapter, réussir à relever ce nouveau défi ! ».

Un an après je me suis réinventée, je dirais même que j’ai appris à reprendre confiance en ce corps qui depuis de nombreuses années me trahissait, j’ai appris à vraiment vivre avec pour que l’on puisse coopérer l’un et l’autre afin que je puisse vivre ma vie comme je le souhaite ! En un an, ma vie a bien changé, j’ai pris mon autonomie dans mon premier appartement, j’ai continué à vivre et pourtant ce bras ou plutôt ce pouce m’embête toujours car il se luxe, se subluxe régulièrement. Il faut encore se réinventer, apprendre continuellement car la maladie a décidé d’en profiter. Et pourtant aujourd’hui je peux dire que je suis fière de moi, j’ai appris à me réinventer, j’ai continué à vivre, à foncer pour concrétiser mes projets !

Dans un premier temps pour me réinventer en tant qu’artiste j’ai décidé de me consacrer beaucoup plus à la photographie, de faire de conférence, des expositions, d’apprendre à dessiner à la main gauche un peu, avec les deux mains après, etc…créer autrement tout simplement. D’ailleurs, à cette période j’avais fait le quai des lecteurs à Angers pour lequel j’avais écrit un article, c’est encore aujourd’hui un sujet souvenir car cela m’a enrichi professionnellement.

Ensuite pour me réinventer en tant qu’artiste il faut retrouver un rythme différent, travailler sur différents supports, continuer à exploiter de plus en plus cette passion pour la photo, etc…

Personnellement, il a fallu réapprendre à prendre confiance en mon corps, prendre confiance en mon fauteuil (même si j’avoue que les multiples chutes m’ont marqué et j’ai toujours peur aujourd’hui lorsque je lève juste mes petites roues pour passer un obstacle par exemple) et il va falloir apprendre à me mettre en sécurité autrement si je dois refaire une chute. C’est quelque chose de long mais qui petit à petit se fait.

Ce soir, il me semblait important de clôturer ces mots pour essayer je l’espère de voir transmettre de jolies choses. Dans la vie, il ne faut jamais désespérer face aux aventures de la vie, toujours positiver, avancer, se réinventer car finalement elles nous rendent plus fort, elles nous enrichissent, nous font grandir. La vie, c’est vivre, apprendre, s’adapter, se réinventer continuellement.

Aujourd’hui, je suis fière de la Marine que je suis, je suis fière de voir à quel point j’ai évolué, avancé en un an. Je suis fière de celle que je suis et fière de me dire que de jolies choses m’attendent encore à l’avenir peu importe les aventures qui viennent sur mon chemin de vie j’y arriverai toujours ! Finalement, depuis petite la vie m’a appris à avancer, ne rien lâcher, quoi qu’il arrive. Le proverbe « Après la pluie vient le beau temps » n’a jamais eu aussi bien sa place qu’avec ces mots je pense.

Finalement, au quotidien, je ne me rends pas forcement compte de tout cela, d’à quel point j’évolue, je grandis, j’avance mais ce soir en prenant conscience, je suis fière de moi.

J’ai envie de clôturer cet article par une photo qui je pense à elle toute seule parle et transmet quelque chose.

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J’espère que cet article vous aura plu, que j’aurais pu vous transmettre de jolies pensées. N’hésitez pas à me faire vos retours, à venir partager avec moi.

Pour ceux qui souhaiteraient lire d’autres articles carnets de pensées un peu dans le même esprit, je vous invite à aller lire :

9 commentaires sur “Vivre, apprendre, s’adapter, se réinventer

  1. Merci Marine de nous faire part ton ressenti et de partager tes expériences d’une année riche écoulée, ton courage, ta persévérance et ton optimisme ! Ne jamais baisser les bras ou pas trop longtemps, aller de l’avant et garder le sourire 😊 Portes-toi bien ☺️

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  2. Bravo. Ce n’a pas été facile et tu as surmontée tout ça. Le mot réinventé est bien trouvé. La vie nous montre des signes à nous de les transformer en des choses positives.

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  3. C’est tellement touchant! Bravo ma belle, tu as totalement raison d’être fière de toi et j’espère que tu te le rappelles tous les jours. Merci pour tes bonnes ondes, ton optimisme, ta sincérité, c’est beau :’)

    Aimé par 1 personne

    • Merci beaucoup à toi pour ce joli commentaire 😘
      Non je me le rappelle pas tous les jours, j’y pense rarement d’ailleurs mais chaque fois que j’y pense ça me fait un bien profond ❤️
      Avec grand plaisir, c’est tellement essentiel tout cela à mes yeux 🦋

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  4. Ping : Joyeux blog anniversaire, je fête mes 3 ans – Les bullettes colorées

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